ASSOCIER LES INTELLIGENCES

Selon sa nature et les stimulations de son entourage, l’être humain a et développe des sensibilités d’apprentissage, visuelle, auditive ou kinesthésique (VAK) pour les plus connues, et développe des « sensibilités » c’est à dire des intérêts pour ce qui l’entoure.

Pour développer son intelligence au maximum, il a besoin ainsi d’éveiller le maximum de sensibilités d’apprentissage. Pourtant, c’est la sensibilité visuelle qui occupe tout l’espace et le temps de notre monde actuel. La sensibilité kinesthésique, sens du mouvement ou dynamique relationnelle, qui s’appuie sur toutes les autres sensibilités, elle est totalement ignorée ! Certainement parce qu’elle est associé aux activités du corps alors que la vue est associée aux activités du mental.

Selon la constitution des uns et des autres, chacun explore le monde en utilisant spécifiquement certains sens et les perfectionnent selon ses besoins, ses opportunités et ses activités.

Si nous le pouvons, nous explorons d’abord notre monde intérieur, puis le monde qui nous entoure, pour enfin aller à la découverte de mondes inconnus avec tous nos sens, et nous le faisons avec tous nos sens, donc spontanément avec le sens kinesthésique.

Quels sens d’apprentissage développe l’école ?

En France, jusqu’à l’entrée de l’école primaire, la sensibilité kinesthésique est hyper-stimulée par des activités motrices et manuelles au détriment des temps d’observation et d’écoute. Puis, inversement, dès l’entrée à l’école, les sensibilités visuelles et auditives deviennent prioritaires, et les temps dynamiques d’exploration et d’interaction se réduisent progressivement au profit essentiellement des manipulations fines, du dessin et de l’écriture, et aujourd’hui celle du digital.

La sensibilité d’apprentissage kinesthésique – kiné-mouvement, thésique-science, mise de côté, est méconnue. Elle est souvent associée au besoin de bouger, de manipuler, de toucher sans intérêt sur ce que l’individu ressent et ce que ce ressenti lui apporte.

La sensibilité d’apprentissage kinesthésique repose sur l’appréhension sensorielle et la mémorisation de tout élément en mouvement, la qualité et la quantité de ses mouvements et de ses interactions sont donc importantes. Cette sensibilité repose sur la perception de toute organisation dynamique et nécessite dont de repères dans l’espace et le temps tangible à partir desquels la mémoire et la réflexion peuvent opérer.

La sensibilité kinesthésique nous met en relation avec toute forme de dynamique relationnelle dont nous dépendons directement ou indirectement : ceux de notre corps et tous ceux de notre écosystème – et ainsi donc avec toutes les intelligences qui nous entourent.

Pourquoi la sensibilité kinesthésique est essentielle à notre évolution ?

De la sensibilité kinesthésique à l’intuition

Ressentir l’espace-temps, jouer à se mettre à la place de ce qui attire notre intérêt, par exemple un photon pour Albert Einstein, nous permet de concevoir des concepts, ici celui de la relativité, qui changent notre conception du monde.

« C’est avec la logique que nous prouvons et avec l’intuition que nous trouvons » pensait Henri Poincaré : pour lui, l’intuition est le résultat d’une sensibilité qui nous fait deviner des relations cachées, creuset des découvertes qui font évoluer le monde.

De l’intuition à l’innovation relationnelle

Notre intuition est la faculté de « capter » globalement le monde et de le traduire instantanément en actions.

Cette posture nous demande ainsi d’accueillir tout ce qui foisonne en nous et en dehors de nous, « cloud composé de toutes les dynamiques relationnelles », et de pouvoir mettre cette richesse foisonnante au profit de l’innovation relationnelle en le partageant à partir de repères universels pour ne pas être submergé par des sensations et des émotions.

Comment associer les différentes intelligences ?

La Relation Créative propose des pratiques qui associent les sensibilités visuelles, auditives et kinesthésiques. En associant ces trois sensibilités d’apprentissage, elle conduit à une meilleure appréhension des émotions et des motivations et ouvre à une compréhension de la complexité relationnelle plus intuitive.

Elle aide les pratiquants à structurer le foisonnement de leurs perceptions à partir d’un référentiel concret tangible et commun pour être conceptualisées et partagées. Ce référentiel, identique à toutes les pratiques et supports de la Relationnel Créative, est basé sur les espaces relationnels. Ceux-ci sont définis à partir du corps et de ce qui l’entoure : espaces internes, externes directs et externes indirects. A partir de ceux-ci, chaque information est définie et peut prendre de la valeur individuellement et collectivement.

Le foisonnement et la complexité des informations perçues passe par le corps d’abord puis le mental. Le corps et ses outils perceptifs sont au coeur de la compréhension du monde et de l’innovation, nous avons besoin de toutes les intelligences sensorielles.