La vie
est
mouvement
Le mouvement
est
tension et relâchement
entre
équilibre et déséquilibre

Nos conflits sont l’expression de nos tensions et de nos besoins.
Les recontextualiser dans un cadre créatif ouvre sur des solutions constructives.
L’expérience du vivant et des limites
à travers le corps
ouvre à notre potentiel créatif
Créer, c’est vivre deux fois. Créer, aussi, c’est donner une forme à son destin.
Albert Camus
Un parcours de paradoxes
Par Nathalie Gatouillat
La Relation Créative est née d’un parcours personnel et professionnel.
Elle s’est construite progressivement à partir d’une question simple :
Comment transformer les émotions qui nous fragilisent en ressources pour créer et nous réaliser ?
Une expérience fondatrice : de la sidération au mouvement
À 20 ans, lors d’une audition de danse, mon corps s’est soudainement immobilisé. Le stress était tel que je ne pouvais plus bouger.
À cette époque, la danse occupait une place centrale dans ma vie et l’idée qu’un jour je puisse ne plus être en mouvement me rendait profondément anxieuse.
Des années plus tard, je réaliserai que cette expérience serait fondatrice.
Cette audition m’avait confrontée à un paradoxe qui allait devenir un véritable fil conducteur de mon parcours :
Ce qui peut nous submerger peut aussi devenir, dans certaines conditions, une source de créativité.
L’intensité des sensations, que j’avais vécu alors comme un obstacle, était devenue une source d’appui et de repères.
Il ne s’agissait plus de chercher à faire disparaître les sensations et les émotions, mais de les vivre pleinement, d’apprendre à les observer et à les différencier pour s’appuyer sur chacune d’elles.
J’ai ainsi découvert qu’il pouvait exister une autre manière d’agir : non fondée sur le contrôle et la tension, mais sur le ressenti, le relâchement, l’accueil et l’ajustement en lien avec ce qui nous entoure.
Danser et vivre la relation autrement
Cette expérience m’a permis d’entrevoir des alternatives à une vie fondée sur la souffrance et le dépassement de soi : celles d’une profonde connaissance et de respect de soi
Mais une question s’est alors imposée :
Comment vivre cet état et le rendre suffisamment concret et structurant pour soi et pour les autres dans le quotidien ?
Quelques années plus tard, la rencontre avec la fasciathérapie a apporté un premier élément de réponse.
Cette approche corporelle m’a permis d’expérimenter ce qu’une attention globale et sensible au corps pouvait apporter dans ma relation aux tensions en général. Je découvrais qu’une sensation globale et un ancrage corporel apportaient une sentiment de sécurité, un apaisement qui me rendaient disponible dans la relation à moi-même mais aussi aux autres et au monde.
Cette expérience a constitué un point de passage essentiel dans la construction de mon approche. Mais avant de pouvoir comprendre un phénomène, il est nécessaire de la vivre pleinement. Ainsi j’ai pratique pendant 10 ans tous les jours sans m’en lasser.
De l’expérience à la recherche
Je pratiquais chaque matin, mais aussi dans la relation avec mon compagnon et mon fils, la danse que j’avais repris et avec des pratiques comme les arts théâtral du clown. Au fil du temps, cette pratique est devenue une manière d’être et de vivre, et s’est installée dans ma vie personnelle et professionnelle.
J’étais art thérapeute, et cette pratique m’avait conduite vers différentes approches : éducation musicale Montessori, danse-thérapie, Communication Non Violente, intelligence émotionnelle, improvisation artistique, jeux de rôle, médiation familiale, constellations et pratiques de co-créativité. Mais aussi vers la recherche :
– qu’est ce que le mouvement et la musique pouvaient apporter dans certains contextes aux jeunes enfants et à leur entourage ?
– pourquoi chacun pouvait trouver sa place et développer des compétences relationelles dans ce contexte ?
– Pourquoi une même situation pouvait être vécue très différemment selon la personne, son état corporel, ses relations, son environnement ou la manière dont elle se représentait ce qui était en train de se passer ?
Ces expériences m’ont permis d’explorer différentes dimensions de la relation : le corps, les émotions, la communication, l’espace, les interactions, l’apprentissage et la créativité.
Je découvrais :
comment une sensation pouvait modifier une posture, comment une perception pouvait changer un comportement, mais aussi comment une interaction pouvait modifier l’état corporel, un environnement pouvait faciliter ou empêcher une relation, ou encore qu’une représentation pouvait transformer la manière d’interpréter toute une situation.
J’ai alors cherché à relier toutes ces dimensions pour ne pas réduire l’expérience à une seule d’entre elles.
À la recherche de repères communs
C’est à partir de cette nouvelle question qu’une porte s’est ouverte : la représentation modélisée par carte mentale des espaces relationnels.
Je cherchais des repères suffisamment simples et évidents pour qu’ils puissent être accessibles dans le quotiden et suffisamment structurants pour permettre de prendre du recul et de comprendre la complexité d’une situation mais aussi de concepts abstraits.
Il ne s’agissait pas seulement de mieux observer le corps, ou de mieux comprendre les émotions ou les interactions, mais de changer notre façon de penser nos informations : il fallait pouvoir passer d’une perspective à une autre, pouvoir les mettre en relation et comprendre ce que chacune permettait de voir.
Les quatre perspectives que j’utilisais pour danser, pour observer le développement de l’enfant ou la relation parentale se sont alors imposées, il fallait pouvoir représenter :
- ce qui se passe en soi ;
- ce qui se passe dans la relation directe avec les autres ;
- ce qui se passe dans l’environnement dans lequel la relation prend place ;
- et la manière dont nous représentons, organisons et mettons en perspective l’ensemble.
Ces quatre perspectives ne sont pas des catégories séparées. Elles sont reliées et s’influencent en permanence.
Une difficulté relationnelle peut ainsi apparaître comme une sensation corporelle, se manifester dans une interaction, être renforcée par un environnement ou provenir d’une représentation particulière de la situation.
Inversement, modifier l’une de ces dimensions peut permettre de faire évoluer les autres.
La naissance du modèle SPHERE
C’est à partir de cette recherche qu’a émergé le modèle des 4 Sphères Relationnelles, ou modèle SPHERE.
Je cherchais à pouvoir représenter une relation personnel autant qu’un phénomène réel ou abstrait dans sa globalité le plus simplement possible. Je pouvais le faire en m’appuyant sur les espaces relationnels comme base commune. Ce modèle devait proposer ces 4 repères dans l’espace mais aussi la circulation entre ses 4 dimensions pour pouvoir les mettre en perspective. Le sujet ou l’objet devait être mis en relation avec la capacité que la personne a pour se mettre elle-même en perspective :
SUJET/OBJET et SOI — le vécu corporel et sensoriel et l’existence matérielle du sujet/objet observé ;
ENTOURAGE — les relations et les interactions directes ;
ENVIRONNEMENT — les relations et les interactions indirectes ;
MÉTA — la représentation globale.
Les quatre sphères pouvaient être séparées ou reliées : ainsi elles pouvaient être utilisées pour observer un élément isolé, une interaction, mais aussi pour un processus relationnel global.
Le modèle devait permettre de dépasser la compréhension d’une personne ou d’une situation à partir d’un seul point de vue mais au contraire de pouvoir changer de perspective, élargir son attention et croiser les points de vue.
C’est cette possibilité qui est devenue progressivement le cœur de mon approche.
De SPHERE à la Relation Créative
Le modèle SPHERE m’a ensuite permis de structurer des pratiques très différentes : pratiques corporelles et kinesthésiques, cartographies mentales, apprentissages, jeux de rôle, médiations et expériences de co-créativité.
Un même modèle pouvait ainsi accompagner une personne dans son vécu corporel, aider un enfant à organiser ses informations, permettre à un groupe de comprendre une situation conflictuelle ou soutenir une équipe dans la recherche de nouvelles possibilités de coopération.
L’enjeu n’est pas seulement de disposer d’un outil pour mieux comprendre les relations, il est aussi de développer une capacité à se déplacer entre les perspectives, à repérer ce qui manque ou ce qui déséquilibre une situation, à ajuster sa manière d’agir et à faire émerger de nouvelles possibilités.
C’est cette recherche qui a progressivement donné naissance à la Relation Créative.
Une approche pour apprendre à changer de perspective
Aujourd’hui, la Relation Créative à partir du modèle SPHERE aide les personnes et les collectifs à observer, comprendre et faire évoluer leurs espaces relationnels.
Elle part d’une conviction issue de ce parcours :
Une situation peut changer lorsque nous pouvons la regarder autrement.
Changer de perspective ne signifie pas nier ce que l’on ressent ou abandonner son propre point de vue.
C’est pouvoir reconnaître ce que l’on vit, considérer ce que vivent les autres, prendre en compte le contexte et mettre ces informations en relation pour construire une compréhension globale.
Cette capacité à se relier devient particulièrement précieuse lorsque les informations sont nombreuses, lorsque les émotions sont intenses ou lorsque les repères habituels ne suffisent plus.
Changer de perspective, élargir son attention et croiser les points de vue sont ainsi devenus les compétences relationnelles structurantes qui sont au cœur de la Relation Créative. Elles permettent de (se) situer, de mieux comprendre les autres et son environnement, d’ajuster ses stratégies relationnelles et d’ouvrir des possibilités nouvelles.
Une recherche toujours en mouvement
La Relation Créative continue aujourd’hui de se construire à partir de cette même démarche : observer, expérimenter, mettre en relation, questionner et faire évoluer.
Le modèle SPHERE constitue une base commune. Autour de celui-ci se développent des supports de représentation et de cartographie, des pratiques corporelles sensorielles et réflexives, ainsi que des contextes d’expérimentation et de co-création.
L’objectif n’est pas d’imposer une manière particulière d’être en relation. Il est de donner à chacun des repères pour comprendre ce qui se joue, rester mobile et flexible pour changer de perspective et trouver ses propres cheminement et possibilités d’action.
Aujourd’hui la Relation Créative est un projet collectif sur les conditions relationnelles qui permettent aux personnes et aux collectifs de se développer et de créer pour faire face aux difficultés imposées par le monde.
Ma mission
- faire évoluer l’accueil et l’accompagnement des (hyper)sensibles, et leur relation aux dysfonctionnements
- faire reconnaître la sensibilité d’apprentissage « kinesthésique » et ses fonctions dans la dynamique de nos relations personnelles et sociales
- répondre aux besoins de relation créative pour changer notre vision des conflits et des violences







