La vie
est
mouvement
Le mouvement
est
tension et relâchement
entre
équilibre et déséquilibre

Nos conflits sont l’expression de nos tensions et de nos besoins.
Les recontextualiser dans un cadre créatif ouvre sur des solutions constructives.
L’origine de la Relation Créative : un parcours de paradoxes
par Nathalie Gatouillat
Vivre un burn-out pour plonger dans le flow du vivant
Lors d’une audition de danse, mon corps et mon esprit se sont figés, totalement. J’avais 18 ans, la danse était au centre de mon univers, j’étais dans une impasse. Tout est alors devenu sombre et sans avenir ; une seule issue semblait possible : accepter sa propre mort. De cette sidération a jailli une réponse inattendue. Alors que le jury nous demandait de danser, mon (hyper)sensibilité est devenue une source de créativité. Pour ne plus subir le flot sensoriel du vivant, mon instinct de survie m’a fait plonger dedans.
Cette stratégie relationnelle, au seuil de la rupture, amène à abdiquer pour se laisser porter par “quelque chose » qui nous dépasse. Le lâcher-prise a laissé place dans ce contexte d’audition à une sensorialité créatrice de possibles où tous les leviers sont interconnectés et prêts à s’activer (mais pas toujours).
Danser, mais autrement, sans plus jamais de violence.
Cette expérience fut mon premier basculement du chaos à l’harmonie. En quittant le contrôle, j’ai pu entrer dans un véritable état de flow et d’apaisement. J’ai découvert la grâce, la justesse et la joie infinie de ce qui se crée en soi, malgré soi. La vie n’était plus une performance imposée douloureuse, mais un alignement à opérer dans le mouvement.
Grâce à cette expérience, j’ai su qu’il existait une alternative à la posture autoritaire et violente que j’avais intégrée, comme tant d’autres danseurs et citoyens du monde. Mais impossible de retrouver l’accès à ce flow et de revivre cet état. Pourquoi? A cette époque, j’ignorais encore comment stabiliser cet univers sensoriel pour en faire des fondations solides et sécurisantes au quotidien.
Découvrir l’accès à la Relation Créative
Sept années plus tard, la fasciathérapie est venue donner une structure et un contexte à ce vécu. Dès la première séance, l’expérience fut intense et, à nouveau, paradoxale. Je découvrais un sensation nouvelle dans mon corps, le mouvement interne, totalement libéré des contraintes de posture imposée par la technique. Au même instant, une violence sans limite s’est éveillée en moi et a voulu s’abattre sur la personne qui m’initiait à cette pratique (la mémoire d’un traumatisme vécu ou peut-être transgénérationnel, nous sommes fait de tant de mémoires!). Le fasciathérapeute a immédiatement pris de la distance.
La sensation globale de la dynamique des fascias (les tissus conjonctifs qui mettent en relation tous les systèmes organiques) continuait cependant a m’ancrer dans l’instant. Je sentais la présence du thérapeute mais je sentais surtout la Vie, MA VIE, qui s’exprimait simplement, je pouvais ÊTRE là.
Cette présence à la vie et à la sensation de “plein de soi” a eu plus de poids que mes mémoires et mes pensées contrôlantes, jugeantes, limitantes, auto-stigmatisantes… J’avais enfin trouvé l’accès à la présence à soi. Je découvrais que la relation créative naît du mouvement spontané et paradoxal de “l’agir dans le non-agir”, dans le contrôle du non contrôle, dans le plein du vide, dans la puissance de la vulnérabilité.
Structurer et modéliser son observation
Parallèlement à ma pratique de fasciathérapie devenue quotidienne, je me suis formée à la pédagogie musicale Montessori, à la Danse-thérapie et à la Communication Non Violente (CNV). J’ai exploré dans différentes approches les intelligences émotionnelles et coopératives, comment elles prennent une place centrale dans différents contextes : improvisations artistiques, jeux de rôle, constellations familiales, médiations familiales, co-créations quotidiennes.
Par l’art-thérapie, j’ai croisé les techniques d’observation globale du danseur dans l’espace avec celles du mouvement du développement de la personne pour situer ses émotions, ses expressions et ses actions. De cette synthèse a émergé une notion fondamentale : nos repères et nos limites relationnels situés dans l’espace nous libèrent de l’insécurité et nous ouvrent à une richesse relationnelle co-créative constructive. C’est ainsi que le modèle SPHERE des 4 Sphères relationnelles s’est imposé dans mes pratiques et ma conception de la relation.
Organiser des cadres de co-créativité
Parent de deux enfants aux sensibilités opposées — l’un « visuel-auditif », l’autre « kinesthésique » — j’ai pu observer comment notre société accueille et stigmatise nos différentes manières d’être au monde, et les impacts relationnels occasionnés. Le jeune enfant intériorisé et observateur (“qui ne bouge pas”) est défini comme inadapté voire malade en crèche et dans les squares : on exigera de lui qu’il s’active. Tandis que l’enfant qui a besoin de bouger et d’explorer sera lui aussi inadapté à partir de l’école maternelle et pour toute sa scolarité : on l’exclura jusqu’à ce qu’il s’exclue lui-même.
Pourtant dans un cadre co-créatif, quand ces différentes sensibilités sont mises en relation autour d’un projet commun qui fait « sens », elles deviennent de puissants moteurs d’action.
Transmettre et accompagner dans le quotidien
Pendant ce parcours personnel et professionel, j’ai eu à cœur de partager mon expérience et de proposer des contextes pour transformer nos différences en “puissance d’agir ensemble”. J’ai conçu ensuite des supports de communication et d’apprentissage pour mettre en relation les différentes sensibilités et dépasser les incompréhensions en rendant accessibles les multiples stratégies relationnelles individuelles et collectives.
Aujourd’hui, j’accompagne les neuro-atypiques – les hypersensibles, les kinesthésiques – ainsi que toute personne désireuse de déployer ses “pouvoirs créatifs” et de partager ses compétences relationnelles au cœur de sa vie intime, personnelle, familiale et professionnelle.
Ma mission
- faire évoluer l’accueil et l’accompagnement des (hyper)sensibles en tant que révélateurs des dysfonctionnements et des dynamiques créatives constructives
- faire reconnaître la sensibilité d’apprentissage « kinesthésique » et ses fonctions dans la dynamique de nos relations personnelles et sociales
- développer des contextes, des pratiques et des supports répondant aux besoins de relation créative de notre monde







