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(Hyper)Sensible Victime

Il y a trois besoins qui conditionnent notre bien-être relationnel :

sécurité

reconnaissance

puissance co-créative

Ces besoins s’expriment souvent indirectement sous forme interrogative : 

Sur quoi m’appuyer pour exister?

Quel sens donner à ma vie?

Quoi faire de toutes mes émotions?

 

BESOINS RELATIONNELS des êtres humains

Les êtres humains, sensibles et émotifs, ont besoin de repères relationnels stables pour organiser leurs sensations, leurs émotions, leurs sentiments d’existance, leurs pensées et pour donner du sens à leur vie. Sans ces repères stables (figures d’attachement, référents d’attachement, espaces rituels…), c’est la panique.

Aujourd’hui, la dématérialisation de nos vies et de nos contacts sociaux génère des rapports relationnels « NO LIMIT » inédits. Coupés de l’expérience direct de la nature et de l’entourage (ex. jeux en ligne, télétravail, réseaux sociaux), nos modes relationnels et nos compétences relationnelles ne font plus « sens », corps et esprit.

Nous avons besoin d’un accès direct à la subtilité, à la complexité et aux processus du vivant avec ses limites pour développer nos compétences relationnelles. Cette perte de relation tangible avec la réalité, à commencer avec notre propre corps gènère de la confusion dans toutes nos relations : la vie intime et la vie sociale se mélangent, la vie personnelle et la vie professionnelle s’imbriquent, la réalité et le virtuel fusionne. Ce manque de repère conduit à un sentiment d’insécurité général.
L’hypersensibilité est le symptôme de ce manque de repère. Quand s’ajoute la profusion d’informations incessante du net, ça devient personnellement et collectivement ingérable.

Les êtres sensibles gérent leurs émotions à travers leurs espaces relationnels créatifs

Sans repère, les sentiments d’inexistence, d’impuissance et d’insécurité augmentent. Coupés de l’expérience de nous-mêmes, des autres et du monde, le « Sens » de la vie, à tous les niveaux, s’étiole : notre intelligence émotionnelle, nos capacités relationnelles et notre créativité se mettent en veille.

Notre évolution dépend de la richesse de nos expériences et de nos émotions que nous vivons grâce à des cadres relationnels créatifs. Nos compétences relationnelles à savoir vivre et partager nos émotions en famille, dans les écoles, les entreprises et les institutions, dépendent de notre capacité à structurer nos espaces relationnels pour être créatifs.

Quand il n’y a pas de repère, il n’y a pas de vécu sensoriel et émotionnel conscient, pas d’espace relationnel ni de limite, tout ce vit sans recul et les « hypersensibilités » s’imposent.

La gestion de nos sensibilités et de nos émotions ont besoin de cohérence et de sens

Nous sommes programmés pour sentir et créer tout au long de notre existence à partir de nos expériences.

Dans des contextes cohérents porteurs de relation créative, nous nous épanouissons, nous nous réalisons, nous participons au bien-être de notre entourage et du monde. Sans contexte cohérent, les situations dysfonctionnelles et toxiques s’imposent, nous stressons, nous nous coupons de ce que nous ressentons et de nos émotions, nous développons des pathologies corporelles et mentales, nous négligeons le monde vivant.

Les (hyper)sensibles révèlent nos besoins de repère et de cohérence pour soutenir le principe créateur du vivant.

COMPETENCES RELATIONNELLES CREATIVES

Nos émotions nous poussent à la relation créative avec tout ce qui nous entoure 

Les émotions font émerger spontanément des élans, des intérêts nouveaux. Elles nous poussent à nous engager dans des relations, à prendre de nouveaux chemins, à nous investir vers de nouveaux objectifs. Elles mettent en jeu nos idées, nos envies. Elles activent nos capacités d’empathie, de collaboration, elles nous éloignent des jugements et des apriori stériles. Elles permettent de se concentrer sur ce qui est essentiel et de donner sens à notre existence quand nous savons les « gérer », les cadrer. Parfois, déborder, elles peuvent nous mener avec des expériences difficiles à vivre.

Les émotions constituent des liens indestructibles avec soi, les autres et le monde. Le respect des émotions va de paire avec les capacités de poser des limites et de dire « NON » à toute forme de destruction, personnelle ou sociale. Elles nous demandent à savoir transformer l’humiliation, la domination, le harcèlement, la violence en pouvoir relationnel constructif.

Les espaces où vivre nos émotions doivent nous donner le pouvoir d’accueillir nos erreurs relationnelles et de nous adapter. Les émotions nous portent à vivre l’inconnu et faire l’expérience du principe relationnel créatif.

Ni positives, ni négatives, les émotions nous plongent au coeur des tensions de notre propre corps et de celles du corps social : elles font « miroir » à la complexité de toutes les potentialités relationnelles existantes en nous-mêmes, en les autres et le monde.

Notre sensibilité d’apprentissage kinesthésique nous permet de nous relier, de comprendre et d’évoluer avec l’ensemble de nos écosystèmes relationnels

La sensibilité kinesthésique, capacité de saisir le mouvement, nous permet d’appréhender le monde vivant, de capter son évolution et ses transformations externes et internes, avec leurs limites. Grâce à la sensibilité kinesthésique et selon la qualité d’utilisation que nous en faisons – intériorisation, contact et toucher sensible, manipulation consciente, jeu sensoriel collaboratif, expérimentation globale – nous pouvons appréhenser profondément ce que nous vivons, accueillir la complexité de notre monde, créer et nous adapter, et nous pouvons nous sentir vivant. Cette sensibilité active in-uterus, nous demande après la naissance d’inventer des contextes, des cadres et des supports relationnels hyper-sensoriels, hyper-stimulants, hyper-flexibles, hyper-adaptatifs, hyper-résilients, hyper-sécurisants, hyper-reconnaissants qui soutiennent notre sentiment d’existence et notre dynamique créative.

Nous donnons sens à notre vie grâce à notre capacité d’accueilir et de gérer des paradoxes

Au quotidien, les tensions sont génératrices de créativité : nous composons, nous nous adaptons. Avec l' »enfant » (celui qui ne parle pas) les tensions, les erreurs, les échecs sont des étapes, nous acceptons qu’elles soient indispensables pour atteindre de nouvelles compétences et de nouveaux comportements. Le paradoxe de notre existence est que nos réussites sont une somme d’échecs. La vie d’un être humain se définit par ses échecs mais quand il accepte ses limites, il sais comment les dépasser. L’être humain est programmé pour des paradoxes: en acceptant le non sens, il contacte le sens de la vie, en acceptant son hypersensibilité, il contacte sa puissance, en acceptant la gravité terrestre, il s’est comment s’en extraire pour danser, pour voler. Tous les exploits sportifs, mécaniques, architecturaux sont issus du même processus créatif paradoxal, ce que les bouddhistes nomment le Yin et le Yang. En prendre conscience, nous permet de le mettre à profit dans toutes les relations avec nous-même, les autres et le monde.

Des espaces de Relation Créative pour les (hyper)sensibles

Quelles pratiques?

Les (hyper)sensibles victimes ont besoin d’une prise en charge relationnelle globale :

– individuelle, corporelle et mentale (cognitive),

– et sociale, comportementale et collaborative.

Les pratiques de la Relation Créative conduisent la personne (hyper)sensible à se connecter et habiter toutes ses sphères relationnelles avec sa propre créativité en vue d’équilibre et d’harmonie. 

Pour y répondre, nos activités doivent prendre en compte 3 failles dans nos systèmes relationnels :

– le déni de la sensibilité d’apprentissage kinesthésique (sensibilité aux dynamiques relationnelles (émotions, postures relationnelles, représentations symboliques spatiales…), source des compétences relationnelles et des intuitions)

– l’inhibition du mécanisme rétro-actif d’empathie (gestion des informations des neurones miroir)

– l’impasse sur la la gestion créative des paradoxes (transformation des échecs en récits possibles de réussite)

Des questions ?
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