UN MODELE RELATIONNEL
pour observer, comprendre et faire évoluer
la thérapie, la médiation, la pédagogie et la prévention
en espaces relationnels créatifs


La Relation Créative propose pour penser et comprendre les écosystèmes relationnels, une représentation par le modèle SEE Méta. Ce modèle fait référence aux trois sphères relationnelles Soi-Entourage-Environnement que la personne investit pour se développer et à la sphère Méta-relationnelle où la personne conceptualise sa relation aux 3 autres pour être créative.
Ces quatre sphères relationnelles intégrées constituent des repères qui permettent de se représenter une situation ou un système matériel ou abstrait.
Ce modèle peut permettre aussi de :
- repérer des déséquilibres, des tensions ou des informations manquantes ;
- distinguer différents niveaux d’expérience et/ou d’information ;
- croiser des modèles ou des points de vue ;
- orienter les expérimentations et les stratégies relationnelles avec conscience du processus relationnel global ;
- projeter des possibilités d’évolution dans une sphère en prenant en considération leurs impacts sur les autres sphères, etc.
Le modèle SEE Méta peut être utilisé comme :
- un référentiel commun pour observer et partager une situation ;
- un cadre d’exploration pour questionner les différentes dimensions d’un système ;
- un support de représentation pour organiser et mettre en relation les informations ;
- un outil d’apprentissage pour développer la capacité à changer de perspective ;
- un support de co-création pour construire une compréhension commune et élaborer des stratégies relationnelles.

Toutes les démarches et les pratiques de la Relation Créative sont structurées sur les quatre sphères relationnelles, base à partir desquelles l’être humain se développe et élabore ses stratégies et ses actions réelles ou abstraites.
1. Sphère intra-relationnelle — SOI
Le vécu corporel et sensoriel
Que se passe-t-il en moi ?
Cette sphère permet d’observer les sensations, les tensions, les mouvements, l’état corporel, les besoins et les réactions internes qui influencent notre manière d’entrer en relation.
Elle invite à questionner :
Comment est-ce que je me sens ? Qu’est-ce que mon corps me signale ? Qu’est-ce qui attire ou perturbe mon attention ? De quoi ai-je besoin pour retrouver suffisamment d’ancrage et de disponibilité ?
2. Sphère inter-relationnelle — L’ENTOURAGE
Le vécu direct autour de soi
Que se passe-t-il avec mon entourage ?
Cette sphère permet d’observer les interactions, les distances, les échanges, les comportements, les perceptions réciproques et les modes de communication.
Elle invite à questionner : Comment sommes-nous en relation ? Quelle distance est installée ? Qu’est-ce qui est communiqué, perçu ou interprété ? Les limites de chacun sont-elles reconnues ?

3. La sphère extra-relationnelle — L’ENVIRONNEMENT
Le vécu indirect dans son environnement
Que se passe-t-il autour de nous ?
Cette sphère élargit l’observation aux espaces, aux objets, aux ressources, aux rythmes, à l’environnement naturel et aux conditions matérielles dans lesquels la relation se déploie.
Elle invite à questionner : Dans quel environnement la situation se déroule-t-elle ? Quelles ressources sont disponibles ? Quelles contraintes influencent les relations ? Comment l’espace et le temps favorisent-ils ou entravent-ils la coopération ?

4. La sphère méta-relationnelle — LA REPRÉSENTATION
Le vécu dans son écosystème
Comment est-ce que je mets en perspective mes informations ?
Cette sphère permet de prendre du recul, de mettre en relation les trois autres perspectives et de construire une représentation plus globale de la situation.
Elle invite à questionner :
Comment est-ce que j’organise mes informations ? Quels liens puis-je établir entre les différents éléments ? Quelles informations ai-je retenues ou laissées de côté ? Quelle perspective est-ce que je priviligie pour observer la situation ? Quelles autres interprétations ou possibilités puis-je envisager ? Qu’est-ce qui change lorsque je regarde la situation autrement ? Comment cette nouvelle compréhension peut-elle orienter ma manière d’agir ?

La méthode des 4 Sphères Relationnelles introduit progressivement le modèle SPHERE dans les situations quotidiennes et les apprentissages pour activer les compétences relationnelles structurelles.
Elle s’appuie sur quatre familles de pratiques complémentaires :
- les pratiques kinesthésiques : mettre le corps et le mouvement au service de l’attention, de l’ancrage et de la perception des relations.
- les pratiques cartographiques : spatialiser les informations et les relations pour mieux les représenter, les organiser et les mettre en perspective.
- les pratiques co-créatives : expérimenter des situations dans lesquelles les participants peuvent confronter leurs perceptions, ajuster leurs positions et construire ensemble.
- les pratiques réflexives : Questionner, comparer, analyser, imaginer et élaborer des stratégies relationnelles à partir de plusieurs perspectives.

Quel impact face aux difficultés relationnelles ?
Une difficulté relationnelle peut être perçue à partir d’une sensation corporelle, observée dans une interaction, située dans un environnement ou représentée mentalement. La méthode des 4 Sphères Relationnelles aide à passer d’une perspective à l’autre, à croiser les informations, à situer les interactions, à élargir l’attention, à ajuster sa manière d’agir, et à être ou rester créatif. L’utilisation du modèle SEE Méta offre un espace commun pour mettre en relation différentes expériences et/ou expertises et co-construire de nouvelles perspectives.
Cette méthode permet de multiplier les points de vue, les mettre en relation et faire évoluer les représentations pour pouvoir agir avec davantage de discernement, de souplesse et de créativité.
Pourquoi un modèle relationnel aujourd’hui ?
Nous sommes programmés pour faire face aux épreuves avec co-créativité et nous accorder avec ce qui nous entoure tout au long de notre vie. Cependant la surcharge permanente d’informations et le sentiment d’insécurité peuvent bloquer ces compétences relationnelles.
Quand nous vivons de grands changements – personnels, familiaux, sociaux ou environnementaux – nous plongeons dans des états d’(hyper)sensibilité liés à une surcharge d’informations. La nature étant bien faite, ces états génèrent des émotions qui captent notre attention ainsi que celle de notre entourage, et nous perturbent suffisamment pour stimuler une créativité coopérative.
Grâce à cet état d'(hyper)sensibilité, nous percevons d’infimes détails dans notre environnement : des informations jusque-là insignifiantes deviennent visibles ; nous décodons avec plus de précision les expressions faciales, gestuelles et posturales d’autrui ; nous devenons plus réceptifs aux odeurs, aux couleurs… et à tout ce qui nous entoure sans forcément de distinction.
Quel impact sur l’hypersensibilité ?
L’état d'(hyper)sensibilité déclenche des prises de conscience et des mises en situation fulgurantes. Nos réactions aux cris d’un nouveau-né en sont un exemple flagrant. Cet état nous canalise pour traiter efficacement la complexité de situations urgentes en un temps record.
Cette grande mobilité corps et esprit, portée par nos émotions, nous permet de nous synchroniser avec notre environnement, de nous adapter à notre entourage et de nous faire évoluer dans l’instant pour nous aligner avec la vie. Dans tous les cas, l'(hyper)sensibilité crée des états physiques et mentaux impossibles à ignorer.
Cependant les émotions — de l’émerveillement à la peur — peuvent être rejetées par la personne ou son entourage. Les émotions sont alors mémorisées individuellement et collectivement dans les corps et les esprits, et constituent une réserve d’expression psycho-corporelle. Celle-ci est disponibles à chaque instant de la vie mais elle est parfois inatteignable : c’est la mémoire traumatique.
Les émotions sont des messages porteurs de mouvements et de dynamiques créatives personnelles et collaboratives indispensables à notre évolution, voire vitales pour notre survie en période de crise.
Les personnes (hyper)sensibles et leur entourage surchargés par les émotions ont besoin de cadres, de contextes et de supports pour les accueillir et les rendre accessibles et créatives dans leur quotiden.
Ici la créativité est considérée au sens large, elle concerne tout ce que nous créons pour nous mettre en relation.
4 Espaces relationnels créatifs





